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Le PCM arrive à son terme. Dans quelques jours, nous allons tous nous retrouver à Marrakech pour une dernière réunion. Cette rencontre est importante. Elle vient clore le mouvement engagé depuis trois ans et elle ouvre ce que nous sommes nombreux à espérer : la transition vers la deuxième phase d’un PCM grandi par son expérience et par une ambition renouvelée.
En regard de cet enjeu, celui de préparer l’avenir, ce moment de rencontre a quelque chose de solennel. En dépit de toutes les imperfections du programme, en dépit de tous les difficultés rencontrées, nous sommes devant la possibilité rare de donner du temps à une expérience de coopération singulière entre des acteurs des sociétés civiles marocaines et françaises, au bénéfice du développement du Maroc. Donner du temps, cela veut dire permette que l’ouvrage grandisse.
Or, si nous prenons aujourd’hui la parole devant l’ensemble des membres du PCM, c’est que nous vivons aujourd’hui une crise au sein du CCM qui mérite d’être rendue visible car elle illustre à nos yeux la crise de l’ensemble du PCM.
Le CCM a pris en charge depuis sa fondation un rôle difficile, celui de coordonner un ensemble disparate dans un système imparfait. Nous savons que le CCM a bien rempli sa mission notamment durant cette dernière année au service de la définition d’un nouveau PCM. Nous constatons cependant que le CCM dans son existence actuelle n’est aujourd’hui pas à la hauteur de l’enjeu de demain.
La dernière réunion du CCM qui a eu lieu le samedi 26 novembre 2005 a mis à jour ce constat : vous avez du prendre connaissance de la position adoptée par le Carrefour associatif qui demande la remise en débat de certains points d’organisation du nouveau PCM. Des membres du CCM ont soutenu cette proposition. D’autres non.
Nous considérons qu’il n’est pas possible de proposer de refaire en quelques jours un travail ardu qui a été fait pendant de long mois, de manière là encore imparfaite mais aussi bien que possible. Nous estimons à l’inverse de nos collègues du CCM que l’ouverture du PCM à de nouvelles associations est la meilleure des garanties pour une saine évolution.
La crise dont nous parlons ne repose cependant pas sur cet événement ponctuel au travers duquel s’exprime l’avis légitime de quelques membres du CCM. Notre prise de parole est l’expression d’une conviction que nous ne pouvons plus taire :
- Nous, CCM, ne sommes pas à la hauteur de l’enjeu qui est de préparer une transition, c’est-à-dire de construire la meilleure des bases possibles pour un nouveau PCM.
- Nous, CCM, après avoir bien œuvré, avons perdu la fougue des temps passés et sommes pris dans un ronronnement improductif où l’autosatisfaction se mêle au conservatisme.
- Nous, CCM, ne connaissons plus les limites de notre mandat et fonctionnons comme si nous étions le PCM alors que nous ne sommes qu’au service du PCM, expérience rare de développement qui doit être au service de tous.
Notre constat repose sur notre vécu, notre motivation repose sur le sens de notre responsabilité vis-à-vis de l’avenir : si le collège du CCM a jadis bien fait et fait ce qu’il pouvait en état, nous considérons que pour faire mieux, il doit grandir.
C’est pourquoi :
1 nous proposons aux membres marocains du PCM, réunis en Assemblée générale le jeudi matin 8 décembre 2005 de décider en un vote l’élection d’un nouveau CCM avec mission de travailler à la transition vers un nouveau PCM.
2 Nous proposons que ce CCM de transition soit constitué en un groupe restreint, concentré, de 8 associations sur la base d’un renouvellement de sa moitié : 4 associations du CCM actuel qui porteront la mémoire de tout ce qui a déjà été fait et 4 autres associations membres du PCM qui porteront, c’est notre espoir, une énergie nouvelle.
3 Nous proposons que 4 associations du CCM actuel se désignent sur la base d’un représentant par région du PCM, la dynamique régionale étant l’un des dossiers majeurs de la transition.
4 Nous demandons à des associations non encore membres du CCM de postuler à l’élection des 4 nouveaux membres du CCM de transition.
5 Nous demandons à ces 8 associations de s’engager à vraiment assumer et assurer la transition au service du mieux pour tous dans un esprit d’engagement concret.
Le CCM de transition aura effectivement une lourde tâche à remplir. Le bureau du PCM de Rabat a proposé un programme de transition ambitieux : l’actuel CCM n’a pas voulu prendre le temps de réfléchir au rôle qu’il compte remplir. Ce programme de transition sera décidé lors de la réunion conjointe du CCP et du CCM. Nous posons le vœu que cette transition permette d’apporter réponses à des lacunes majeures du passé qui sont selon nous l’une des principales causes de l’endormissement du CCM :
o Comment poser une vraie stratégie d’action régionale qui réponde aux besoins de la société civile marocaine ?
o Comment mettre en place un système fort de visibilité et donc de relation entre les projets des associations ?
o Comment assurer l’ancrage vivant du PCM dans la vie civile marocaine et française ?
o Comment faire vivre ce lien entre nos deux sociétés civiles ?
Enfin, pour respecter notre idéal de co-responsabilité, et parce que nous avons la conviction que cette crise du CCM n’est que la crise du PCM dans son ensemble :
6 Nous demandons au CCP d’opérer en son sein un même renouvellement, sur la base d’un même volontarisme et avec la même exigence qu’un groupe de travail restreint prenne vraiment en charge la période de transition avec sérieux et sincérité.
Nous sommes pleinement conscients de prendre une initiative difficile qui risque de provoquer de débats difficiles. Nous voulons cependant croire que l’essentiel est de se donner la force ensemble de grandir. C’est pourquoi nous espérons réunir l’unanimité des membres marocains et français sur notre proposition de renouvellement du CCM en raison même de l’authenticité de notre envie de construire un meilleur PCM et en raison de l’évidence que le neuf ne peut que faire grandir l’ancien.
En regard du caractère exceptionnel de notre initiative, nous invitons toutes et tous à partager au grand jour son avis sur notre proposition afin que le forum de Marrakech puisse être renforcé par l’éclairage vivifiant de nos regards multiples.
Merci de transmettre vos réactions au bureau PCM de Rabat ou bien directement sur le blog avenirpcm :
http://avenirpcm.over-blog.com
Pour terminer, nous tenons à rappeler que l’enjeu commun pour lequel nous avons décidé de poursuivre l’aventure du PCM est la jeunesse marocaine. Ce choix vient dire l’intensité de notre responsabilité dès lors qu’on reconnaît que l’avenir du Maroc sera construit par sa jeunesse.
Notre devoir de tenter de faire mieux dans la préparation d’une deuxième phase du PCM est l’exemple que nous donnons à cette jeunesse pour qu’elle-même fasse mieux dans l’exercice présent et futur de ses responsabilités.
Ce choix de la jeunesse vient finalement nous dire ce que nous vivons : la croissance de notre propre rôle d’acteur de développement et donc la saine croissance du PCM.
Pour l’association Timoulay et l’association Fonds Diwan
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