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Compte-rendu des travaux de l'atelier de capitalisation transversale Axe 4 : Y a-t-il des acquis (et lesquels) qui permettent de construire une stratégie commune ? (Séminaire PCM de Bouznika, 17 avril 2005)
Introduction :
Le but de cet atelier était de faire ressortir les éléments du PCM 1 qui peuvent être considérés comme des éléments de stratégie. Comme il était question de stratégie transversale, il fallait garder à lesprit que latelier tournait autour de la notion deffet programme. Dans ce contexte, la dynamique régionale peut-elle être considérée comme une stratégie ? Quelle valeur, quelle force doit-on attribuer à lassemblée générale de Settat ? Et est-on en droit daffirmer quelle a permis à une vision commune démerger, quelle a redonné vie au programme ? Plus globalement, les participants se sont intéressés à définir la notion de stratégie et à sinterroger sur les points faibles et les acquis du PCM.
I. Y a t-il eu stratégie dans le programme ?
A. Définition de la stratégie :
La définition qui est ressorti de latelier est la suivante : une stratégie est lélaboration dun plan de travail avec des objectifs à terme. Planification et temporalité sont donc considérés comme des concepts importants dans la définition de la stratégie. On pourrait rajouter à cette définition lévaluation des moyens dont on dispose afin que la stratégie puisse être opérationnelle, les moyens devant être suffisant pour atteindre les objectifs fixés. Ainsi, comme laffirme Ludovic Durel, la stratégie est un système opérationnel, mais qui nécessite lélaboration préalable dune vision commune. Une stratégie doit également être appuyée par une charte (une stratégie formelle), et une communication efficace entre les membres.
B. La stratégie dans le programme :
Pour beaucoup de participants, les associations, marocaines notamment, du fait dune concertation insuffisante, nont pas relevé lexistence dune stratégie commune. Pour Monique Van Lancker, élaborer une stratégie est inutile si, dans une démarche concertée, toutes les parties nont pas connaissance de cette stratégie. Cette erreur a mené le programme à une longue période de tâtonnage, pour reprendre le terme de Abd Al Rahman Messaoudi, et le décalage des visions entre les acteurs est encore palpable aujourdhui. Pour certains, il est clair quune stratégie était présente dans le programme, autour des objectifs que sont la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la société civile. Néanmoins, comme le rappelle Karim Yakobi, le fait que lhypothèse « Cest labsence de stratégie globale dans le PCM qui a favorisé les projets par rapport au volet transversal » ait été vérifiée montre que les acteurs soutiennent linexistence dune stratégie effective dans le programme.
II.Les Points faibles et les acquis :
A. Erreurs et écueils à éviter :
1 Identification des besoins : pour Salahdine Sabik, il ny a pas eu de dynamique autour dobjectifs communs car il ny a pas eu de réelle identification des besoins. Le diagnostic présenté lors du démarrage du programme a été fortement contesté par la partie marocaine, qui dés lors sest tournée vers la réalisation de ses projets sans montrer dintérêt véritable pour le volet transversal. 2 Le manque de concertation : argument récurrent chez les participants du programme, et auquel sont plus ou moins liées les erreurs citées dans ce paragraphe, il faut néanmoins admettre, comme le rappelle Mourad Gourouhi, que le processus de concertation a été lancé et saméliore avec le temps. Il faut renforcer la concertation pour parvenir à une approche réellement participative. 3 Les prises de décision politique dans le programme : toujours selon Mourad Gourouhi, les mécanismes de prise de décision politique étaient inconnus par les participants. Bien quaujourdhui la structure du programme soit mieux connue par lensemble, il reste des zones dombre : Pourquoi de nouvelles associations ont-elles intégré le programme en cours de route ? Pourquoi ces associations là et pas dautres ? Qui en a décidé ainsi ? 4 Le manque de circulation des informations et le manque de visites croisées mutuelles.
Tous ceci a fait que le programme na été quun amalgame dactions et dopportunités financières (Driss Ajjouti - Twiza). Cependant, à partir de quel moment dans le programme a-t-on senti que travailler ensemble apportait un plus ? (Pascale Quivy Rachid CCFD)
B. La régionalisation : Pourquoi une dynamique régionale a-t-elle émergé ? (Hachmi Bentahar - SDM)
1) « Lavant Settat » :
Selon Ludovic Durel, il y avait dans le CCM une frustration liée au fait de ne pas avoir de poids par rapport au CCP. Le taux dabsentéisme lors des réunions du CCM était énorme. De plus, selon Hachmi Bentahar, les associations marocaines avaient besoin de travailler ensemble, mais la structure du PCM telle quelle était à lépoque, basée sur les thématiques de composantes, ne répondait à cette aspiration.
2) « Laprès Settat » :
Pourquoi, à Settat, « la sauce a pris » ? (Ludovic Durel - HI) Settat sest construit sur les frustrations liées aux composantes. Les associations marocaines ont pris linitiative de proposer une approche régionale, qui permet de mieux appréhender le travail de proximité et le travail commun. Pour Azzedine Jounaïdi, Settat a servi de tremplin pour dépasser les problèmes de fonctionnement du CCM, à mettre à profit le potentiel de chaque région, et a permis plus de concertation au sein du CCM. Pour Ludovic Durel, le grand acquis de Settat est que désormais les associations marocaines ont la possibilité de décider au sein du programme. Christophe Courtin ajoute quaprès la régionalisation, le discours de la partie marocaine est devenu plus documenté, plus clair, et quil y a eu une amélioration du travail. La régionalisation marque le début de la communication sur le programme pour les associations marocaines. Pour Zahra Mouhib, il serait bon de prendre en considération cette dynamique dans les rapports Nord-Sud. En effet, bien que la régionalisation aie rapproché les associations marocaines, elle na pas permis de régler les problèmes de communication entre Nord et Sud. Une des requêtes formulée à Settat était de multiplier les visites dans les deux sens, mais une seule personne a été sollicitée depuis, lors de la réunion annuelle des ONGs françaises. Abd Al Rahman Messaoudi rapporte que les actions régionales ont renforcé les capacités des petites associations et leur ont permis dêtre reconnues par les autorités locales. La prise dinitiative de la partie marocaine à Settat a montré lénergie et la motivation des associations. En effet, comme le rappelle Zahra Mouhib, les gens qui ont contribué à la régionalisation, essentiellement des bénévoles, ont du faire face à des difficultés pour mettre en place laction régionale, notamment dordre financier, et ont fait leffort de construire quelque chose qui soit adapté au contexte marocain.
Conclusion :
Perçue dun point de vue stratégique, lexpérience est lue de manière différente. Bien que les éléments ne soient pas nouveaux, la notion de stratégie donne plus de force à la réflexion autour dun effet programme, la concrétise.
Participants : Driss Ajjouti (Twiza) Christophe Courtin et Pascale Rachid (CCFD) Salahdine Sabik (UPME) Zahra Mouhib (UAF) M. Amziane (Espace associatif) Ludovic Durel (Handicap International) Azzedine Jounaïdi (Chouala) Abd Al Rahman Messaoudi (Association Timoulay) Monique Van Lancker (CEPHIR) Hachmi Bentahar (SDM) Gourouhi Mourad (Carrefour Associatif/AMSED) Karim Yakobi (Bureau du PCM) |