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Un nouveau PCM : pourquoi ?

Vendredi 13 mai 2005

Compte-rendu des travaux de l'atelier de capitalisation transversale
Axe 3 : Valeurs des associations et fonctionnement dans le PCM : le partenariat
(
Séminaire PCM de Bouznika, 17 avril 2005)

 Sujet de l’atelier :
« Pourquoi le renforcement mutuel apparaît peu dans le cadre des partenariats ? 
Est-ce dû aux différentes conceptions du partenariat ? »

Synthèse de l’atelier

L’analyse des partenariats présents dans le PCM réalisée dans la phase 2 de capitalisation a mis en relief la difficulté pour les associations (marocaines, mais aussi françaises) de décrire la nature ou l’existence même d’un renforcement pour le partenaire du Nord dans le cadre du partenariat. Les participants à l’atelier ont débattu ultérieurement le sujet, en essayant d’en identifier les causes possibles. On a abouti sur un dépassement de l’hypothèse posée en début d’atelier, qui voulait essayer de lier cette absence de mutualité des échanges aux trois différentes approches au partenariat repérés: partenariat fondé sur l’autonomie « préalable » des partenaires, relation d’interdépendance entre les partenaires, partenariat qui vise à l’autonomisation du partenaire plus faible. D’autres facteurs sont ainsi censés être à la base des difficultés d’identification et d’expression du renforcement mutuel :


1. Identité et mission des partenaires dans la relation Nord – Sud

Un manque de questionnement et de définition
Au sein des partenariats PCM, formalisés pour la plupart dans le cadre de ce programme, il y a visiblement un manque de questionnement et de définition sur l’identité et la mission des deux partenaires. Ceux-ci ne s’engagent pas assez dans une réflexion préalable sur ce que chacun est en mesure d’apporter à l’autre, et sur la logique sous-jacente à cet apport. A l’origine des partenariats, il y a eu une sorte de « prétention de coopération », sans que les principes à la base du partenariat ne soient discutés en profondeur.

Aide ou coopération ?

Cela semble être lié à la faible réflexion des OSI françaises sur leur rôle, sur les raisons et les buts des leur travail en tant qu’intervenants dans un pays du Sud, aux côtés d’un partenaire local : s’agit-il d’une approche d’ « aide » ou de « coopération » ? Dans le premier cas la mutualité de l’échange apparaît loin d’être réalisable.

L’échange comme élément distinctif du partenariat

Samir Tounzi de Likaa affirme que « On ne peut pas travailler en partenariat s’il n’y a pas d’échange » : cela semble aller dans le même sens, en niant la nature partenariale des relations qui ne sont pas suffisamment équilibrées, ou du moins de celles qui ne donnent pas lieu à une perception réciproque des avantages acquis. Dans le cas des formations réalisées pour Likaa, les formateurs français se disent enrichis dans leurs compétences suite aux sessions de formation qu’ils ont animées au Maroc, les ayant vécues comme une véritable occasion d’échange, et pas de simple transfert de compétences.

Absence d’un cadre de réflexion spécifique
Dans le PCM il n’y a pas de dispositif contraignant qui oblige à une réflexion préalable à l’échange sur ces questions. Dans certains cas, les véritables synergies positives qui se sont développées entre les partenaires, des questionnements sur la nature de la relation émergent à mi-parcours ; mais cela n’est pas le cas pour tout le monde.

Des expériences positives

Toutefois, des expériences positives de renforcement mutuel existent, dans lesquelles le partenaire du Nord arrive à reconnaître l’apport important du partenaire du Sud et le potentiel existant de savoirs et capacités à partager au Sud.
F. Vergès de ADM affirme que dans son cas (et dans celui de ESF aussi) un renforcement est bien perçu par l’OSI, en terme de positionnement et de réflexion sur sa propre mission au sud. Il s’agit d’une dimension stratégique, où ce genre d’apport est effectivement difficile à percevoir.
« Le Maroc aurait en réalité beaucoup à apporter à la société civile française » ; « Il y a un gros potentiel inexploité de renforcement Sud – Sud. Cette dimension devrait être prise en considération comme un axe intéressant pour le renforcement à travers le partenariat. » (Éric Anglade, Fonds Diwan)


2 . Partenariats « stratégiques » et partenariats « ponctuels »

 

L’opposition « autonomie VS interdépendance » ne semble pas être directement liée au renforcement mutuel des partenaires. Il semble plus pertinent parler à ce propos de la nature du partenariat, qui permet de distinguer des partenariats « stratégiques » et des partenariats « ponctuels ».

Les partenariats « stratégiques » se fondent sur le partage des principes et des pratiques être les deux partenaires, tous les deux engagés dans leur propre société civile ; dans le cadre d’un partenariat de ce type, les deux structures travaillent ensemble autour d’un projet commun, potentiellement à long terme, avec l’intention d’inscrire cette coopération dans la durée ; l’entité de l’enrichissement mutuel est ainsi beaucoup mieux perçue, en raison d’une connaissance plus profonde entre les partenaires et d’un engagement plus fort dans le partenariat.

Les partenariats « ponctuels », au contraire, se voient limités dans les objectifs et dans le temps. Axée généralement sur le renforcement de l’un des partenaires, l’objectif de ce type de relation est son accompagnement jusqu’à son autonomisation, ce qui met fin à la raison d’être du partenariat même. La relation ainsi instaurée se rapprochant plutôt de l’aide que de la coopération, il semble évident que la bilatéralité du renforcement rentre difficilement parmi ses objectifs affichés. Ce type d’approche semble d’ailleurs être très répandu, en raison du nombre croissant de jeunes associations qui se créent en vue d’un accès aux financements internationaux.

3. Dimension interculturelle des partenariats

 

Des comportements culturellement déterminés
La dimension interculturelle des partenariats joue aussi un rôle très déterminant dans les dynamiques d’échange qui se mettent en place. Des comportements culturellement déterminés sont identifiés à la base de la faible reconnaissance de la mutualité de l’échange.

Du côté français…

En général, les français ont tendance à se représenter, même implicitement, comme des porteurs d’une certaine approche et de certaines compétences spécifiques, plutôt que comme des récepteurs de nouveaux savoir-faire. La question du renforcement de la société civile française, d’ailleurs, n’est jamais évoquée non plus. Enfin, la méthodologie de gestion des projets est aussi typiquement « occidental » (axée par exemple sur le rapportage écrit) et « imposée » au partenaire du Sud.

…et du côté marocain

De leur part, les marocains reconnaissent une certaine réticence à mentionner leurs propres apports, à en parler ouvertement. Cette réticence s’accompagne à une habitude au remerciement et à la valorisation de ce qu’ils reçoivent dans une relation d’échange.

Des relations déséquilibrées qui inhibent le dialogue

Cette tendance est encore plus nette lorsque le déséquilibre matériel entre les deux partenaires est plus marqué, et que l’un des partenaires est une Ong du Nord qui apport un soutien financier. La division des fonctions dans le partenariat n’encourage pas la communication, surtout pour ce qui concerne les questions budgétaires : généralement de compétence française, les marocains hésitent à s’exprimer là-dessus. Le déséquilibre des ressources humaines joue aussi comme un facteur de blocage dans le discours entre partenaires, qui ne peuvent pas se confronter sur le même plan.

Qu’en est-il de l’apport des migrants ?

A propos de ces problématiques, le rôle des immigrés dans les processus de développement local et les potentialités des partenariats avec les OSI issues de l’immigration n’ont pas été creusés du tout, alors qu’ils semblent pouvoir être déterminants pour ce qui concerne la médiation interculturelle.

 

4. Pistes à approfondir :

 

Un renforcement de la culture de l’échange et des principes de l’approche partenariale, au-delà de l’appui technique et institutionnel : l’objectif est que le rapport partenarial soit valorisé par les deux parties et qu’il y ait une vision stratégique partagée de ce rapport.
Des mécanismes contraignants de réflexion et de concertation sur les principes du partenariat, aussi bien que de valorisation des pratiques, pour mettre en lumière les capacités et la richesse des expériences, surtout au Sud. Cette réflexion, qui est censée avoir lieu au niveau individuel dans les associations, est souhaitable aussi dans le cadre du PCM.
Des structures qui favorisent la transparence et la communication sur ces expériences, au niveau du PCM, pour fournir un cadre exemplaire au travail en partenariat.
Des outils d’accompagnement à la communication et à la réflexion sur les aspects interculturels des partenariats seraient ainsi souhaitables, pour faciliter le dialogue et identifier un autre équilibre dans la relation.

 

Participants : Christian Vergès (Artisans du Monde)
Ilham Echchbani (Ass. Afoulki pour femmes)
Taher Tahir (Ass. Amal Dadès)
Abdelmalek Mounir (Ass. Taomount)
Stéphanie Druguet (Enda Maghreb)
Éric Anglade (Fonds Diwan)
Samir Tounzi (Ass. Likaa)
Saber Chaabane (RADO)
Annie Becquet (CEFIR, ex-Rencontre)
Abdellah Babaya (Tofola Chaabia)
Rabia Laili Roux (AAMD)
Animateur : Philippe Jahshan (Solidarité Laïque)
Rapporteur : Laura De Mori (stagiaire Solidarité Laïque)

Par avenirpcm
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Vendredi 20 mai 2005

Compte-rendu des travaux de l'atelier de capitalisation transversale
Axe 4 : Y a-t-il des acquis (et lesquels) qui permettent de construire une stratégie commune ?
(
Séminaire PCM de Bouznika, 17 avril 2005)

Introduction :

Le but de cet atelier était de faire ressortir les éléments du PCM 1 qui peuvent être considérés comme des éléments de stratégie. Comme il était question de stratégie transversale, il fallait garder à l’esprit que l’atelier tournait autour de la notion d’effet programme. Dans ce contexte, la dynamique régionale peut-elle être considérée comme une stratégie ? Quelle valeur, quelle force doit-on attribuer à l’assemblée générale de Settat ? Et est-on en droit d’affirmer qu’elle a permis à une vision commune d’émerger, qu’elle a redonné vie au programme ?
Plus globalement, les participants se sont intéressés à définir la notion de stratégie et à s’interroger sur les points faibles et les acquis du PCM.

I. Y a t-il eu stratégie dans le programme ?

A. Définition de la stratégie :

La définition qui est ressorti de l’atelier est la suivante : une stratégie est l’élaboration d’un plan de travail avec des objectifs à terme. Planification et temporalité sont donc considérés comme des concepts importants dans la définition de la stratégie. On pourrait rajouter à cette définition l’évaluation des moyens dont on dispose afin que la stratégie puisse être opérationnelle, les moyens devant être suffisant pour atteindre les objectifs fixés. Ainsi, comme l’affirme Ludovic Durel, la stratégie est un système opérationnel, mais qui nécessite l’élaboration préalable d’une vision commune. Une stratégie doit également être appuyée par une charte (une stratégie formelle), et une communication efficace entre les membres.

B. La stratégie dans le programme :

Pour beaucoup de participants, les associations, marocaines notamment, du fait d’une concertation insuffisante, n’ont pas relevé l’existence d’une stratégie commune. Pour Monique Van Lancker, élaborer une stratégie est inutile si, dans une démarche concertée, toutes les parties n’ont pas connaissance de cette stratégie. Cette erreur a mené le programme à une longue période de tâtonnage, pour reprendre le terme de Abd Al Rahman Messaoudi, et le décalage des visions entre les acteurs est encore palpable aujourd’hui. Pour certains, il est clair qu’une stratégie était présente dans le programme, autour des objectifs que sont la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la société civile. Néanmoins, comme le rappelle Karim Yakobi, le fait que l’hypothèse « C’est l’absence de stratégie globale dans le PCM qui a favorisé les projets par rapport au volet transversal » ait été vérifiée montre que les acteurs soutiennent l’inexistence d’une stratégie effective dans le programme.

II.Les Points faibles et les acquis :

A. Erreurs et écueils à éviter :

1 Identification des besoins : pour Salahdine Sabik, il n’y a pas eu de dynamique autour d’objectifs communs car il n’y a pas eu de réelle identification des besoins. Le diagnostic présenté lors du démarrage du programme a été fortement contesté par la partie marocaine, qui dés lors s’est tournée vers la réalisation de ses projets sans montrer d’intérêt véritable pour le volet transversal.
2 Le manque de concertation : argument récurrent chez les participants du programme, et auquel sont plus ou moins liées les erreurs citées dans ce paragraphe, il faut néanmoins admettre, comme le rappelle Mourad Gourouhi, que le processus de concertation a été lancé et s’améliore avec le temps. Il faut renforcer la concertation pour parvenir à une approche réellement participative.
3 Les prises de décision politique dans le programme : toujours selon Mourad Gourouhi, les mécanismes de prise de décision politique étaient inconnus par les participants. Bien qu’aujourd’hui la structure du programme soit mieux connue par l’ensemble, il reste des zones d’ombre : Pourquoi de nouvelles associations ont-elles intégré le programme en cours de route ? Pourquoi ces associations là et pas d’autres ? Qui en a décidé ainsi ?
4 Le manque de circulation des informations et le manque de visites croisées mutuelles.

Tous ceci a fait que le programme n’a été qu’un ’’amalgame d’actions et  d’opportunités financières’’ (Driss Ajjouti - Twiza). Cependant, ’’à partir de quel moment dans le programme a-t-on senti que travailler ensemble apportait un plus’’ ? (Pascale Quivy Rachid – CCFD)

B. La régionalisation : Pourquoi une dynamique régionale a-t-elle émergé ? (Hachmi Bentahar - SDM)

1) « L’avant Settat » :

Selon Ludovic Durel, il y avait dans le CCM une frustration liée au fait de ne pas avoir de poids par rapport au CCP. Le taux d’absentéisme lors des réunions du CCM était énorme. De plus, selon Hachmi Bentahar, les associations marocaines avaient besoin de travailler ensemble, mais la structure du PCM telle qu’elle était à l’époque, basée sur les thématiques de composantes, ne répondait à cette aspiration.

2) « L’après Settat » :

Pourquoi, à Settat, « la sauce a pris » ? (Ludovic Durel - HI) Settat s’est construit sur les frustrations liées aux composantes. Les associations marocaines ont pris l’initiative de proposer une approche régionale, qui permet de mieux appréhender le travail de proximité et le travail commun. Pour Azzedine Jounaïdi, Settat a servi de tremplin pour dépasser les problèmes de fonctionnement du CCM, à mettre à profit le potentiel de chaque région, et a permis plus de concertation au sein du CCM. Pour Ludovic Durel, le grand acquis de Settat est que désormais les associations marocaines ont la possibilité de décider au sein du programme. Christophe Courtin ajoute qu’après la régionalisation, le discours de la partie marocaine est devenu plus documenté, plus clair, et qu’il y a eu une amélioration du travail. La régionalisation marque le début de la communication sur le programme pour les associations marocaines. Pour Zahra Mouhib, il serait bon de prendre en considération cette dynamique dans les rapports Nord-Sud. En effet, bien que la régionalisation aie rapproché les associations marocaines, elle n’a pas permis de régler les problèmes de communication entre Nord et Sud. Une des requêtes formulée à Settat était de multiplier les visites dans les deux sens, mais une seule personne a été sollicitée depuis, lors de la réunion annuelle des ONGs françaises. Abd Al Rahman Messaoudi rapporte que les actions régionales ont renforcé les capacités des petites associations et leur ont permis d’être reconnues par les autorités locales. La prise d’initiative de la partie marocaine à Settat a montré l’énergie et la motivation des associations. En effet, comme le rappelle Zahra Mouhib, les gens qui ont contribué à la régionalisation, essentiellement des bénévoles, ont du faire face à des difficultés pour mettre en place l’action régionale, notamment d’ordre financier, et ont fait l’effort de construire quelque chose qui soit adapté au contexte marocain.

Conclusion :

Perçue d’un point de vue stratégique, l’expérience est lue de manière différente. Bien que les éléments ne soient pas nouveaux, la notion de stratégie donne plus de force à la réflexion autour d’un effet programme, la concrétise.

Participants : Driss Ajjouti (Twiza)
Christophe Courtin et Pascale Rachid (CCFD)
Salahdine Sabik (UPME)
Zahra Mouhib (UAF)
M. Amziane (Espace associatif)
Ludovic Durel (Handicap International)
Azzedine Jounaïdi (Chouala)
 Abd Al Rahman Messaoudi (Association Timoulay)
 Monique Van Lancker (CEPHIR)
Hachmi Bentahar (SDM)
Gourouhi Mourad (Carrefour Associatif/AMSED)
Karim Yakobi (Bureau du PCM)

Par Avenirpcm
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Mardi 31 mai 2005

Ce document tente de rassembler les éléments de capitalisation qui indiquent/justifient la poursuite du programme. La capitalisation a aussi donné quelques éléments sur les enseignements tirés de l’expérience : quelles méthodes/approches avoir à l’avenir, quels écueils à éviter.

Plan de l'argumentaire :

1 - Opportunisme financier ou volonté réelle de travailler ensemble ?
2 - Le choix des objectifs
3 - Les concertations...
4 - Les leçons de la capitalisation sur la formation, la mise en réseau, le développement local et le partenariat.

Nous vous proposons de commencer l’analyse des raisons de continuer le PCM en abordant les questions qui sont rarement évoquées en public et qui sont le fondement de la confiance entre les différents partenaires du programme qu’ils soient des associatifs, bailleurs ou autres acteurs du développement. Il s’agit bien sûr des ‘rarement’-dits sur les aspects financiers du programme.

1 Opportunisme financier ou volonté réelle de travailler ensemble ?

Apports de la capitalisation :

L’élément qui revient souvent lorsqu’on discute informellement entre membres du « club fermé » du PCM  (appellation ressortie lors de l’atelier de capitalisation à Bouznika en juin 2004) est que l’intérêt des associations du PCM est surtout financier.

Cet élément a mis du temps à ressortir dans les entretiens et les ateliers de capitalisation.  C’est le dernier atelier sur l’effet programme à Bouznika en avril 2005 qui a permis d’aborder publiquement cette question en soulignant le fait que le PCM n’était qu’un ’’amalgame d’actions et  d’opportunités financières’’. Cette franche remise en question est allée jusqu'à dénoncer  « l’accaparation du budget du PCM par les membres du comité paritaire de pilotage » à l’origine du programme (entretien de capitalisation, février 2005).

Mais, à l’image de la richesse des travaux actuels du programme, les échanges récents ont permis d’aller plus loin et de dégager les éléments positifs de cette construction aux fausses motivations. Les associations ont ressenti, après un certain temps, « que travailler ensemble apportait un plus» (atelier de Bouznika, avril 2005)

Aujourd’hui, les acteurs du PCM sont pour la plupart convaincus de l’apport du PCM en terme de mise en réseau et de création d’un espace d’échange et de renforcement, comme l’avançait la conclusion du rapport de la phase 2 sur l’effet programme : « le PCM, malgré tous les handicaps de départ et le peu de foi que certains acteurs y ont mis […] a favorisé de fait la concertation en cours, et la transparence ». 

En plus de cette implication des acteurs dans le programme, la mise au clair sur les conditions de montage du programme et les motivations des associations au départ, ont permis de créer une sincérité  qui  pose des bases saines pour la démarche actuelle de construction d’une suite pour le PCM.

Eléments pour le futur :

Les enseignements de cet état de fait sur le montage du PCM amènent l’ensemble des associations du programme à prendre les devants pour le futur :

- La séparation des instances stratégiques et des instances opérationnelles apparaît comme la garantie de la transparence du programme pour le choix des association bénéficiaires (en plus d’autres apports) (réunion du CCM du 7 mai 2005)
- La définition de critères de sélection des projets et des associations détaillés et en accord avec les objectifs du programme est une autre condition de cette transparence et de la professionnalisation du travail au sein du programme.
- La question de la légitimité et de la représentativité des organes de décision est au cœur des préoccupation du comité de coordination Maroc (CCM) du programme (réunions CCM du 5 mars, du 7 mai et atelier de visioning du CCM des 18 et 19 avril 2005)

2 Le choix des objectifs

Le choix d’une priorité :

Le constat fait par l’ensemble des acteurs du PCM est que ses objectifs étaient trop vastes (lutte contre la pauvreté et renforcement de la société civile). Les conséquences ont été un manque de cohérence au sein du programme au niveau transversal et un manque de visibilité du programme (en raison de la diversité de ses objectif et des structures qui le composent).

A partir de ce constat, le souci récurrent de membres du PCM a été d’effectuer des choix pour définir des priorités pour un nouveau programme. Ce travail de longue haleine est passé par la construction d’une vision commune entre les membres du CCM et a abouti aux choix de la jeunesse comme acteur stratégique à soutenir dans le développement du Maroc. Ce choix est le résultat d’un travail de mémoire sur l’ensemble de l’expérience du PCM depuis son montage, pour arriver à une lecture commune du passé qui soit la base (commune) de définition d’une vision (commune) dans le futur.

Les résultats et l’authenticité de cette dynamique sont probants. En témoigne la remise en question de la dynamique entre les partenaires français. Le « manque de cohésion, au delà de la cohésion d’intérêts, en tant que vraie équipe engagée dans un projet commun, » de la partie française est souligné (réunion du comité coordination et de pilotage (CCP) et du CCM le 19 avril 2005).

Ainsi, la partie marocaine du programme apparaît jouer pleinement son rôle moteur de « force de proposition ».  Les partenaires français reconnaissent la faiblesse de leur cohésion se mobilisent pour « définir une méthode d’organisation à l’avenir basée sur la cohésion militante entre les ONG françaises » (même réunion CCM-CCP citée ci dessus)

En choisissant de se concentrer sur le choix d’un axe stratégique prioritaire pour le programme, les acteurs du programme sont en train d’assurer la cohérence en tant que regroupement d’expériences, et par suite la visibilité manquante au programme.

Renforcement des capacités : moyen ou objectif ?

Pour conclure sur le choix des objectifs du programme, retraçons ici un débat qui a lieu depuis que les acteurs du PCM songent concrètement à continuer leur expérience. Les représentants associatifs du PCM sont divisés sur le fait que le renforcement des capacités (des associations) soit un moyen ou un objectif.
En effet, certains considèrent que le renforcement de la société civile n’est qu’un moyen au service d’autres objectifs (développement ‘pur’, politique, ou autre) alors que d’autres le considèrent comme un objectif.

La distinction est donc à faire entre le renforcement des capacités dans l’absolu qui effectivement n’est pas un objectif en soi, et le renforcement des capacités comme objectif d’un programme. Le choix du renforcement des capacités comme objectif d’un programme est lié à la lecture du contexte actuel de ‘boom’ des associations, de leur pouvoir, de l’argent qu’elles gèrent et de leur importance dans divers secteurs de développement du pays, notamment le social. Dans ce contexte, on peut comprendre les défenseurs du renforcement des capacités comme objectif d’un programme.

Néanmoins, le choix a porté sur le renforcement comme moyen privilégié. Ce choix s’explique par l’envie d’avoir un objectif global qui donne vie au programme, c’est à dire un objectif clairement communicable qui fait que nous savons pourquoi nous faisons partie d'un programme, «  l'étoile qui nous fait avancer » , soit un thème fédérateur, transversal à l'action dans tous les domaines et, qui plus est, motive tout le monde (atelier de visioning statégique du CCM, les 18 et 19 mars 2005).

3 Les concertations...

L’exemple ci dessus sur la maturation des objectifs et des choix stratégiques du programme illustre parfaitement la qualité de la relation et du partenariat entre les associations françaises et marocaines d’une part mais aussi, entre les associations marocaines et enfin les perspectives de concertation entre associations françaises. Les conditions de cette concertation se sont bien sur bâties au fil des rencontres et des échanges nécessaires à créer la confiance et la connaissance mutuelle nécessaires à une relation qui définit clairement les objectifs et besoins de chaque partie, qui prend le temps de discuter et qui cherche à équilibrer la relation.

L’exemple de concertation au sein du CCM est intéressante à plusieurs titres.
D’une part, un groupement d’associations, qui en plus en représentent d’autres, a créé un esprit de groupe basé sur la recherche de l’intérêt commun et pas des intérêts propres à chaque structure qui le compose. Cet exercice est d’autant plus difficile que le CCM représente des associations qui n’y siègent pas et qu’il a veille à partager la décision avec les associations qu’il représente à travers les actions régionales.

D’autre part, la concertation au sein du CCM et dans une moindre mesure avec l’ensemble des association marocaines du PCM montre la pertinence d’une force de proposition dynamique au ‘Sud’, dans un contexte de d’échec de la coopération internationale dans bien des cas à cause du manque de participation au ‘Sud’.

La question du partenariat est détaillée dans la partie suivante concernant les apports de la capitalisation mais il apparaît déjà que le cadre de concertation constitué par le PCM est arrivé au stade où il redéfinit consciemment ses objectifs, les précise et les concentre ainsi qu’il redéfinit les rôles de chacun et les conditions d’un partenariat équilibré. Cette dynamique tout à fait positive mérite d’être encouragée pour qu’elle puisse continuer et récolter les fruits de plusieurs années d’expériences.

4 Les leçons de la capitalisation sur la formation, la mise en réseau, le développement local et le partenariat.

Voici quelques éléments de diagnostic sur les domaines d’intervention du PCM apportés par la capitalisation transversale issus du dernier rapport (phase 2) :
 
Sur le renforcement des capacités

Le renforcement des capacités des associations en général connaît encore des difficultés importantes avec une « faiblesse organisationnelle des acteurs », d’autant plus dangereuse dans le contexte actuel évoqué précédemment dans la partie sur le choix des objectifs.

En particulier, pour la mise en réseau (qui constitue aussi l’activité du PCM lui même), un des enseignement principaux de la capitalisation, outre le besoin de démocratie interne, l’efficacité et la pertinence d’un réseau passe par définition d’objectifs clairs ainsi que la définition des besoins, intérêts et attentes des chaque membre du réseau. C’est l’étape que vit actuellement le PCM, dans des conditions privilégiées, puisque le PCM  est en train de se fixer des priorités, et donc des objectifs ciblés, visible, vérifiables…

Sur le développement local

De même que pour le renforcement des capacités, la mise en œuvre du développement local en est à ses débuts. Rares sont les associations qui ont déjà réussi à mettre en œuvre des cadres de concertation locale efficaces et durables. L’exemple de Handicap International est à suivre de près avec l’autonomisation à la fin du PCM de la cellule de concertation locale créée pendant le programme.

La dynamique doit continuer pour que le transfert de compétence se fasse à l’ensemble des associations et que la concertation locale devienne un aspect transversal  de tout projet.

Sur les dynamiques régionales

Les actions régionales mises en place depuis la restructuration du PCM  en juillet 2003 (à Settat) contribuent d’une part au renforcement des capacités par la formation ou plus modestement par l’information ou la sensibilisation et  par la rupture de l’isolement des associations locales. Cette dynamique prometteuse demande à être soutenue, car elle aussi n’en est qu’à ses débuts.

Sur le partenariat

Les conclusions de la capitalisation sur le partenariat révèlent que l'objectif de connaissance mutuelle, condition essentielle d’un partenariat réussi, n’est pas encore atteint. D’une part à cause du manque de temps et d’autre part à cause de la concentration des activités au Maroc.

Cette dernière remarque ne doit pas manquer d’alimenter les prochaines réflexions sur l’avenir du PCM car pour l’instant, les préoccupations restent presque exclusivement centrées sur le Maroc.

Par Karim Yakobi
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Samedi 9 juillet 2005

Note d’intention pour la reconduite du Programme Concerté Maroc à destination de la Mission pour la Coopération Non Gouvernementale
du Ministère des Affaires étrangères :


Pourquoi un PCM II ?

Pour consolider une dynamique qui a pris de l’ampleur au fur et à mesure du PCM I et qui demeure fragile aujourd’hui.

Pour consolider un partenariat franco-marocain qui fait sens ; et parce qu’il est nécessaire de continuer à donner du sens aux relations entre les sociétés civiles deux rives de la méditerranée, à la solidarité franco-marocaine au cœur du partenariat euroméditerranéen dans une période trouble et propice aux clichés et aux imaginaires les plus dangereux.

Pour consolider un dispositif unique en son genre, « le Programme Concerté » qui ouvre la voie de la collaboration constructive et sereine entre les acteurs non gouvernementaux et les pouvoirs publics.

Pour soutenir ce qui est né au Maroc de cette première phase et qui ne doit pas disparaître : un élan associatif collectif autour d’une trentaine de structures qui ont animé partout dans les quatre grandes régions du Programme, tout un ensemble de tables rondes et de séminaires qui ont donné la parole aux acteurs locaux et à des populations souvent enclavées et non écoutées. Cette démarche soutenue par la coopération française est au cœur des défis de démocratisation du Maroc et correspond à la mission fondamentale des organisations dites intermédiaires des sociétés civiles française et marocaine.

Pour finir de construire l’édifice démarré dans le PCM I, et qui, fort de ses expériences et de sa professionnalisation, se propose de se mettre au service d’une grande cause nationale au Maroc pour la seconde phase : le défi de la jeunesse.

(...)

Pour lire la suite, téléchargez le document complet :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/00/40/08/intention-pcm-ii.doc

Par Avenirpcm
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Mardi 13 décembre 2005
 
 
Le Programme Concerté Maroc, entamé en 2002, est aujourd'hui clos.
 

 La pèriode de transition a commencé.

 
Une seconde phase d'action se prépare.
 

Le blog avenirpcm va faire peau neuve afin de mieux poursuivre son service.

 
Dans l'attente, inscrivez-vous à la newsletter pour rester informés du déroulement de la transition. 
 
 
Par Avenirpcm
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Vendredi 3 mars 2006

Le Programme Concerté Maroc est arrivé à terme de sa première phase et se prépare pour sa deuxième phase, prévue pour en 2006 avec une orientation vers l’accompagnement de la jeunesse dans le domaine de l’économie, de l’éducation et de la citoyenneté.

Un séminaire de lancement du PCM II sous le thème « Information et présentation du PCM 2 » se déroulera le samedi 25 et le dimanche 26 mars prochain au Village d’Electricien sis à route de Souihla Targa à Marrakech.

L’invitation à participer au séminaire est ouverte à l’ensemble des organismes voulant s’informer sur les activités et les objectifs du PCM2.   

 

 

Programme du Séminaire

Samedi 25 Mars

8 H 00 Accueil des participants

9 H 30 Séance Plénière

- Présentation du PCM
- Tour de table des participants et de leur attentes 
-
"Philosophie" du PCM : valeurs, ambitions, avancées, atouts et limites.  

11 H 00 Pause     

11 H 30 Plénière

- Questions /débat : enjeux du PCM et relations avec les autres acteurs du milieu

13 H 00
Déjeuner

15 H 00 Ateliers

1 - Objectifs et actions, ce que nous pouvons faire ensemble…

2 - Fonctionnement : comment nous nous organisons ? comment déposer des projets ? Quel calendrier ?

16 H 30 Pause

17 H 00 Suite des ateliers

1 -
Dispositif : quels organes de décision ? comment nous nous finançons ?

2 -
Adhésion(s) : le sens de l’adhésion, qui peut adhérer ? place des partenaires publics ?...

17 H 30 Fin des travaux

Dimanche 26 Mars

9 H 30
Séance Plénière

-
Activités régionales : objectif ? activités ? organisation ?

16 H 00 Séance Plénière  

-
Activités nationales : Plaidoyer, sensibilisation, formation, accompagnement, autres ? 

18 H 00 Fin des travaux

 
Téléchargez le :  Bulletin d'inscription
Par Avenirpcm
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Texte libre

L'ACTUALITE DU PCM  

Organisation de l'assemblée générale constitutive du PCM 2

vendredi 15
samedi 16
dimanche 17 septembre 2006


au Club des oeuvres sociales du Ministère de la Justice
Avenue Sarou Souissi - Rabat 

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